Organisation

Rentabilité clinique vétérinaire : les fuites non comptées

16 septembre 20268 min de lecture

Une analyse de rentabilité part de deux colonnes : ce qui est entré en caisse, ce qui est sorti du compte. Les deux sont exactes, et le logiciel de gestion les sort en quelques clics. Elles partagent le même angle mort : elles ne connaissent que les lignes qui existent. Un acte réalisé dont personne n'a créé la ligne ne manque nulle part. Il n'apparaît ni en perte, ni en écart, ni en anomalie. L'exercice se referme sur un chiffre d'affaires plus bas que l'activité réelle, et aucun poste n'explique pourquoi.

Grille tarifaire, répartition de l'activité, marge sur le médicament et l'aliment, masse salariale, taux de remplissage des créneaux : ce sont les cinq leviers que tout le monde liste, et il n'y a rien à leur reprocher. Une structure dont la grille n'a pas bougé depuis quatre ans a un sujet plus urgent que tout ce qui suit dans cette page. Pour se situer, deux points d'entrée sérieux existent : le rapport annuel du SNVEL, qui suit l'économie de l'exercice libéral, et les travaux de l'Observatoire des métiers des entreprises libérales sur la branche des cabinets vétérinaires, côté emploi et rémunérations. L'Observatoire démographique de l'Ordre complète le tableau sur le nombre et la nature des établissements.

Ce qui suit ne traite aucun de ces leviers. Il traite ce que leur méthode ne peut pas atteindre : trois pertes dont l'origine est documentaire, c'est-à-dire qui naissent d'une information qui a existé pendant la consultation et qui n'a été écrite nulle part ensuite. Les deux premières sortent de la caisse. La troisième coûte du temps de vétérinaire, ce qui revient au même à la fin du mois.

L'acte réalisé qui n'a jamais produit de ligne

La facture ne se construit pas sur les actes réalisés. Elle se construit sur les lignes que quelqu'un a saisies. Entre les deux, il y a un écart, et cet écart se creuse toujours au même moment : la dernière minute de la consultation, quand le propriétaire est debout, l'animal dans les bras ou en laisse, et qu'il faut encaisser.

Quatre situations l'ouvrent plus souvent que les autres.

  • L'acte ajouté en cours de route. Le motif était une vaccination, on en a profité pour un autre geste. Le rendez-vous a été créé sous un intitulé, et c'est cet intitulé qui part en caisse.
  • Le consommable utilisé en plus. Un pansement refait, une seringue supplémentaire, un flacon entamé. Chaque unité est trop petite pour qu'on retourne la chercher, et leur addition sur l'année ne l'est plus.
  • Le geste rendu entre deux rendez-vous. Le dossier n'a pas été rouvert, la consultation suivante attendait déjà, personne ne revient en arrière.
  • La consultation qui a dérapé. Elle devait durer vingt minutes, elle en a pris quarante-cinq, et elle est facturée au tarif de la consultation qu'elle n'a pas été.

Ces quatre cas ont un trait commun, et il est contre-intuitif : ils se produisent d'autant plus que le praticien est absorbé par l'animal. Celui qui garde les mains et l'attention sur le patient jusqu'au dernier instant est aussi celui qui n'a rien noté en chemin. Le geste supplémentaire est resté dans sa tête, et la caisse se tient trois minutes plus tard, devant quelqu'un qui attend. Ce qui se déplace, c'est donc le moment où l'information devient un écrit, pas l'attention de celui qui la détient.

Le rendez-vous suivant qui n'a jamais été pris

La seconde perte est plus discrète encore, parce qu'elle ne laisse aucune trace, même incomplète. Un contrôle à dix jours, un renouvellement pour un traitement long, un bilan à prévoir avant l'hiver : ces suites sont annoncées oralement en fin de consultation, au moment où le propriétaire écoute le moins bien. Si rien ne les écrit, elles n'existent pas. Le propriétaire les oublie, la clinique ne les rappelle pas, et le rendez-vous ne se compare à rien puisqu'il n'a jamais été créé.

L'acte non facturé produit au moins une incohérence entre le dossier et la facture : un audit peut la retrouver. La suite non programmée, elle, ne produit rien du tout. C'est aussi la part la plus prévisible de l'activité d'une clinique, celle qui se planifie et qui lisse les semaines creuses.

L'heure de rédaction du soir se paie deux fois

La troisième perte ne sort pas de la caisse, elle sort du poste de coût le plus élevé de la structure : l'heure de vétérinaire. Une heure passée à rédiger après la dernière consultation coûte exactement ce que coûte une heure de vétérinaire, et ne produit aucune ligne de recette. Elle se paie ensuite une seconde fois, en fatigue accumulée puis en turnover, et le remplacement d'un praticien qui s'en va est un poste que tout le monde sait chiffrer.

Ce raisonnement ne dépend d'aucune hypothèse sur la durée exacte de la rédaction. Il suffit de poser la question dans l'autre sens : sur les créneaux d'ouverture de la semaine, combien d'heures de vétérinaire sont consacrées à produire des documents plutôt qu'à voir des animaux, et qu'est-ce que ces heures auraient rapporté ? La réponse ne se lit sur aucun tableau de bord, parce que ce temps n'est saisi nulle part. Il faut le relever une fois pour le connaître.

Ce qu'un compte rendu rédigé pendant la consultation change, et ce qu'il ne change pas

Les trois pertes ont une racine commune : l'information existe pendant la consultation et elle est écrite après, quand elle s'est appauvrie. Un scribe attaque cette racine et rien d'autre.

VetAlly écoute l'échange et rend un compte rendu bâti sur les modèles du praticien. Chaque modèle porte ses propres consignes, et chaque vétérinaire y règle son style ; une bibliothèque commune à la structure permet que le document ne varie pas selon la personne qui l'a produit. Le même enregistrement donne aussi la version remise au propriétaire, celle qui part à l'archive, et l'ordonnance. Trois logiciels métier sont reliés à l'outil : VetUp, VetNext et Synapps / VetoPartner. Chez leurs utilisateurs, la séance démarre depuis le logiciel de la clinique et le document produit repart vers le dossier de l'animal, sans que personne retape une identité. Les détails sont sur la page scribe IA pour vétérinaires et sur celle des intégrations.

Voilà pour l'apport. La limite doit être dite sans détour : VetAlly n'établit pas la facture, ne tient pas la caisse et ne crée aucune ligne d'acte dans le logiciel de gestion. Il ne fixe aucun tarif et ne signale pas qu'un acte manque. Ce qu'il change est plus étroit : au moment où quelqu'un saisit la facture ou programme la suite, un document complet existe déjà, rédigé quand tout était encore frais, au lieu d'une mémoire de trois heures et de deux lignes prises à la volée. La ligne manquante se retrouve parce qu'elle est écrite quelque part.

Le reste dépend de l'organisation de la clinique, pas de l'outil. Si personne ne relit le compte rendu avant de facturer, rien ne change.

Quatre réserves, et ce qu'elles valent

« Chez nous, tout est facturé correctement. »

C'est possible, et c'est vérifiable en une heure : prendre dix dossiers de la semaine passée, lire ce que le compte rendu décrit, comparer avec les lignes de la facture correspondante. Zéro écart sur dix dossiers ferme le sujet pour de bon. Un écart sur dix en ouvre un autre, qui est de savoir lequel des quatre cas ci-dessus l'a produit.

« C'est un outil de plus à faire entrer dans une organisation déjà chargée. »

Objection juste. La question à poser n'est pas ce que l'outil sait faire, mais où il se branche : si le compte rendu doit être copié à la main dans le logiciel métier, l'outil ajoute une étape et il vaut mieux s'abstenir. Avec l'une des trois intégrations, rien ne se paramètre structure par structure : il suffit que l'adresse e-mail du compte soit saisie côté logiciel métier, et la liaison est faite.

« Et l'enregistrement, où va-t-il ? »

Nous n'avons pas d'inventaire publié sur le lieu de traitement, les sous-traitants et la durée de conservation de l'audio. Tant qu'il n'existe pas, cette page n'affirme rien là-dessus. La question se pose par écrit, à chaque éditeur consulté, le nôtre inclus, et se règle avant la signature plutôt qu'après.

« Une IA va écrire des actes qui n'ont pas eu lieu. »

Elle peut écrire une phrase inexacte, et c'est la raison pour laquelle le document sorti est un brouillon. Le praticien le relit et le corrige avant de le valider ; la responsabilité du contenu ne se déplace pas. Un compte rendu automatique qu'on signerait sans le lire serait un problème de rentabilité d'un autre ordre.

Questions fréquentes

Combien une clinique perd-elle en actes non facturés ?

Personne ne peut répondre pour la vôtre. Les pourcentages qui circulent viennent surtout d'audits de cliniques nord-américaines, dont la tarification, la nomenclature et les habitudes de saisie ne sont pas les nôtres. Le seul chiffre exploitable est celui que produit la comparaison décrite plus haut, sur vos propres dossiers.

Changer de logiciel de gestion réglerait-il le problème ?

Pas celui-là. Un logiciel de gestion facture ce qu'on lui saisit, quel qu'il soit : le problème se situe avant, dans ce qui est écrit ou non pendant la consultation. Les critères qui comptent vraiment au moment de changer d'outil sont réunis dans nos articles sur les logiciels vétérinaires.

VetAlly remplace-t-il le logiciel de gestion ?

Non. Il produit les documents de la consultation et les renvoie dans le dossier quand une intégration existe. La gestion des rendez-vous, du stock, de la caisse et de la facturation reste dans le logiciel métier.

Faut-il équiper toute l'équipe ou un seul praticien ?

Les deux fonctionnent. Une offre Clinique existe à 30 € par vétérinaire et par mois, ramenée à 27 € avec un engagement d'un an ; le détail est sur la page tarifs. L'intérêt d'équiper l'équipe entière est la bibliothèque de modèles partagée : les documents deviennent comparables d'un praticien à l'autre, ce qui compte le jour où quelqu'un reprend le dossier d'un confrère.

Au bout de combien de temps l'effet se voit-il sur le chiffre d'affaires ?

Nous ne promettons pas de délai, et une page qui en annonce un invente. Ce qui se mesure vite, en revanche, c'est l'heure à laquelle le dernier document de la journée est terminé. Le reste se constate sur un trimestre, en refaisant la comparaison dossier contre facture.

Dix dossiers, une heure

Dix dossiers de la semaine passée, une colonne « décrit » et une colonne « facturé ». Le résultat dit s'il y a un sujet, et lequel. S'il y en a un et qu'il vient du moment où les documents sont écrits, une démonstration sur vos propres consultations est la façon la plus rapide de voir ce que cela donne chez vous, avec vos modèles et votre logiciel métier.

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